Cire d'Abeille : Recuperer Opercules et Vieux Cadres et Refaire ses Cires Gaufrees

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Les opercules de l'extraction et les vieux cadres ne sont pas des dechets : c'est de la cire deja payee par les abeilles. Quels cadres reformer et combien par an, comment fondre sans noircir la cire, pourquoi racler le dessous du pain, comment proteger les cadres de la fausse teigne et quoi demander a la cirerie avant l'echange.

En fin de saison, il y a un seau dans presque toutes les mielleries. Dedans, les opercules de l'extraction, encore collants de miel, recouverts d'un couvercle ou d'un vieux chiffon. Bien souvent ils y sont encore un an plus tard.

Pendant ce temps, les vieux cadres s'entassent dans un coin : des cires noires, lourdes, aux cellules devenues étroites. Personne ne les jette, parce que cela paraît du gaspillage. Personne ne les travaille non plus, parce que cela paraît une corvée.

C'est dommage, car cette matière a de la valeur. Pas une fortune, mais une valeur réelle : les abeilles consomment une quantité importante de miel pour bâtir un kilo de cire, et les chiffres les plus souvent cités parlent de plusieurs kilos de miel par kilo de cire. Jeter la cire, c'est jeter un travail que les abeilles ont déjà fait et déjà payé.

Ce guide explique comment récupérer la cire sans l'abîmer, quelles erreurs la font noircir ou émulsionner, et comment la faire revenir au rucher sous forme de cires gaufrées.

La cire n'est pas un déchet : c'est une seconde récolte

La cire est produite par les glandes cirieres des jeunes ouvrières. Il leur faut de l'énergie, une ruche chaude et du temps. Ce n'est pas un matériau gratuit, ni pour les abeilles ni pour vous.

En pratique, la cire récupérée a trois destinations sensées : elle revient au rucher en cires gaufrées, elle se vend à une cirerie, ou elle reste en réserve. La première est presque toujours la plus intéressante, parce qu'elle boucle le cycle sans acheter de cire d'origine inconnue.

Il y a une raison de plus, absente des comptes mais réelle : la cire que vous remettez dans vos ruches est celle que vos abeilles ont construite, avec un historique de traitements que vous connaissez. Sur la durée, cela compte.

Les trois cires de votre local (et pourquoi les séparer)

Elles ne se valent pas, et les mélanger est l'erreur la plus fréquente.

La cire d'opercules est la meilleure que vous manipulerez. C'est une cire neuve, bâtie dans la saison, claire, pratiquement sans résidus accumulés. Elle vient de la désoperculation des hausses : pour le moment où elle se produit, voyez notre article sur l'extraction du miel et le bon moment pour retirer les hausses.

Les bâtisses et les raclures sont la cire retirée des couvre-cadres, des têtes de cadres et des cadres pièges. Qualité moyenne, souvent correcte, mais plus chargée de propolis et de bois.

Les cadres de réforme sont les vieux cadres de corps. Là, la cire est sombre, pleine de cocons, et ce n'est pas la partie noble du travail.

Trois seaux séparés, étiquetés, et la suite se simplifie d'elle-même. Un seul seau pour tout vous oblige à traiter même vos opercules comme du second choix.

Quels cadres réformer, et combien chaque année

La règle pratique qui fonctionne est simple : réformer environ un tiers des cadres de corps chaque année. Ainsi aucun cadre ne reste plus de trois saisons dans la ruche.

Pourquoi tant ? Parce que chaque cycle de couvain laisse le cocon de la nymphe dans la cellule. Les cocons s'empilent, la cellule se rétrécit, la cire noircit et s'alourdit. Les abeilles nées dans des cellules de plus en plus étroites sont en moyenne plus petites.

Il y a une seconde raison, moins visible et plus sérieuse. La cire est un corps gras, et beaucoup de molécules utilisées au rucher sont liposolubles : les acaricides de synthèse en particulier ont tendance à s'y accumuler. Un cadre resté six ou sept ans dans la ruche est une éponge qui a absorbé tout ce qui est passé par là.

Ajoutez que les vieilles cires retiennent plus facilement spores et agents de maladie, et le renouvellement cesse d'être une coquetterie de manuel. C'est de l'entretien courant.

Comment choisir ceux à sortir ? Regardez à contre-jour. Si la lumière ne passe plus, si les cellules sont déformées, s'il y a des zones de couvain plâtré ou des trous mal rapiécés, ce cadre sort. Le meilleur moment pour trier, c'est la reprise, quand vous ouvrez de toute façon pour les contrôles de printemps à la ruche : les vieux cadres sont déplacés progressivement vers l'extérieur du nid et retirés une fois vides de couvain.

Combien de cire donne vraiment un vieux cadre

Moins que vous ne croyez. Nettement moins.

Un cadre de corps noir pèse lourd, mais l'essentiel de ce poids n'est pas de la cire : ce sont des cocons, de la propolis, des restes de pollen et des impuretés. La fonte n'en récupére qu'une partie, le reste finit dans le pâté de déchets.

Les opercules, eux, rendent très bien : une fois lavés du miel résiduel, c'est de la cire presque pure.

Deux conséquences. D'abord, si vous avez peu de colonies, la cire qui compte est celle des hausses, pas celle des cadres noirs. Ensuite, si vous envisagez un cérificateur sophistiqué pour traiter dix cadres par an, le compte n'y est pas. Comme pour le reste du matériel apicole, l'achat se fait dans le bon ordre et seulement quand les chiffres le justifient.

Faire fondre la cire : soleil, vapeur ou casserole

La cire fond autour de 62 à 65 degrés. C'est bas, et cela ouvre plusieurs voies.

Le cérificateur solaire est une caisse isolée avec une vitre et un plan incliné : le soleil fait le reste, la cire coule dans un récipient. Peu coûteux, aucune consommation, aucune surveillance. Parfait pour les opercules et les cires claires, bien moins efficace sur les cadres noirs, qui retiennent la cire dans les cocons. À utiliser les vraies journées de soleil, sinon il chauffe à moitié et la cire reste en pâte.

Le cérificateur à vapeur est le saut qualitatif pour qui a du volume. Un générateur chauffe une chambre où l'on charge les cadres entiers : la cire coule, le bois ressort propre, les cocons restent dedans. Il traite aussi les cires sombres et vous épargne le pire du travail, décoller les cires du cadre à la main.

La fonte dans l'eau est la méthode maison, très bien pour quelques ruches. On met la cire dans l'eau, on chauffe sans dépasser 80 à 85 degrés, on laisse fondre, on filtre et on laisse refroidir lentement : la cire prend au-dessus, l'eau sale reste dessous.

Une mise en garde valable pour toutes les méthodes : ne jamais faire fondre la cire à feu direct sans eau. Elle surchauffe en un instant, et au-delà d'une certaine température elle est inflammable.

Les erreurs qui gâchent une bonne cire

La cire s'abîme en silence. Personne ne s'en aperçoit avant que le pain soit froid et de la mauvaise couleur.

Le mauvais métal. Le fer, le cuivre et le zinc réagissent avec les acides de la cire et la noircissent. Une marmite en fer transforme une cire claire en cire gris-brun. Utilisez de l'inox, un émail intact ou un plastique alimentaire résistant à la chaleur.

La température trop haute. Au-delà d'un certain point, la cire perd son parfum, fonce et se dégrade. Inutile de bouillir : il suffit de dépasser légèrement le point de fusion et d'être patient.

L'eau dure. Une eau très calcaire, ou riche en fer, provoque des émulsions et des savons qui rendent la cire terne et granuleuse. L'eau de pluie est le meilleur choix ; sinon, de l'eau déminéralisée.

Le refroidissement pressé. Si le pain refroidit trop vite, les impuretés restent dispersées au lieu de se déposer. Isolez le récipient et laissez faire la nuit.

La décantation : le dessous du pain se racle toujours

Quand la cire fond, les impuretés les plus lourdes descendent. Avec un refroidissement lent, elles se concentrent toutes sur la face inférieure du pain, en une couche sombre et molle.

Cette couche se racle au couteau ou à la spatule, sans économie. On a l'impression de jeter de la cire ; en réalité on retire de la saleté qui, sinon, ferait repartir chaque fonte suivante de zéro.

Si vous voulez une cire vraiment propre, refondez une seconde fois et filtrez sur une toile serrée. Deux passages transforment une cire ordinaire en cire à vendre ou à travailler.

Stocker cadres et cire sans nourrir la fausse teigne

La fausse teigne est la raison pour laquelle beaucoup d'apiculteurs perdent plus de cadres au local qu'au rucher.

Les larves creusent des galeries dans les cires bâties et les réduisent en toile en quelques semaines. Elles s'attaquent surtout aux cadres ayant contenu du couvain et du pollen, et prospèrent à la chaleur et à l'obscurité.

La défense qui marche commence par le local : frais, sec, clair et ventilé. Les cadres se conservent dans des hausses empilées de manière à laisser passer l'air, pas entassés dans un coin chaud.

Pour les cadres que vous tenez vraiment à sauver, un passage au congélateur à moins dix-huit degrés pendant deux jours élimine tous les stades de l'insecte, œufs compris. Après le froid, le cadre doit tout de même aller dans un endroit qui n'invite pas la teigne à recommencer.

Il existe aussi des produits biologiques à base de Bacillus thuringiensis enregistrés pour les cadres stockés : si vous les utilisez, vérifiez qu'ils sont autorisés dans votre pays et suivez l'étiquette.

Ce qu'il ne faut jamais utiliser, c'est la naphtaline ou les antimites de placard. Ils laissent des résidus dans la cire et le miel, et une cire ainsi traitée n'est plus récupérable.

De la cire à la cire gaufrée : comment fonctionne l'échange

Les cireries travaillent presque toujours en échange : vous apportez la cire brute en pains, elles vous rendent des feuilles gaufrées, en retenant une part pour le travail ou en appliquant un tarif au kilo.

Trois points à vérifier avant d'y aller.

La cire doit déjà être décantée et raclée dessous : plus elle est propre, moins elle perd. Demandez les conditions d'échange à l'avance, car elles varient beaucoup d'une cirerie à l'autre. Et surtout, demandez comment la cire est traitée thermiquement.

Ce dernier point est celui que les apiculteurs sous-estiment le plus. Certaines spores de maladies du couvain résistent très bien à une simple fonte : les cireries sérieuses appliquent pour cette raison un traitement thermique nettement au-dessus du point de fusion, maintenu un temps défini. Si le fournisseur ne sait pas vous répondre, changez de fournisseur.

Cire frelatée : le problème qui ne se voit qu'au printemps

Le sujet est devenu sérieux ces dernières années, et ce n'est pas une légende de forum.

Des cires gaufrées coupées à la paraffine ou à la stéarine ont circulé sur le marché. Elles coûtent moins cher, elles semblent identiques, et le problème apparaît quand les abeilles travaillent dessus : feuilles non bâties, rayons qui s'étirent ou s'effondrent à la chaleur, couvain irrégulier.

Le dégât arrive en pleine saison, quand il n'y a plus de marge pour rattraper.

Les parades sont peu nombreuses mais efficaces. Acheter chez des fournisseurs qui déclarent l'origine de la cire. Se méfier des prix trop bas, car la vraie cire est une matière première coûteuse. Et en cas de doute, tester un lot sur quelques ruches avant de l'étendre au rucher entier.

Le cycle fermé : pourquoi revenir avec sa propre cire

C'est la raison principale de récupérer la cire, et ce n'est pas l'économie.

Si vous apportez votre cire et repartez avec des feuilles issues de cette cire, vous savez d'où elle vient : vous connaissez les traitements, vous savez que vous n'avez pas acheté un matériau d'origine incertaine. C'est le seul moyen vraiment solide de contrôler ce qui rentre dans vos ruches.

Et si vous travaillez surtout de la cire d'opercules, vous partez d'une matière claire et peu chargée en résidus : le cycle s'améliore d'année en année au lieu de se dégrader.

Pour un petit rucher, le cycle fermé pur n'est pas toujours possible, faute de kilos. La voie est alors intermédiaire : récupérer tout le récupérable et acheter le reste chez un fournisseur capable de dire ce qu'il vend.

Un calendrier simple de la cire

Le travail de la cire s'insère bien dans les creux de l'année apicole.

Été, pendant l'extraction : les opercules se récupèrent, s'égouttent et se lavent du miel résiduel. On ne les laisse pas collants dans un seau fermé, ils fermentent.

Automne : on trie les cadres de réforme sortis pendant la saison et on met de côté ce qui sera traité.

Hiver : c'est le moment des fontes. Pas de travail au rucher, le local est frais, la cire refroidit lentement toute seule.

Fin d'hiver : les pains partent à la cirerie, pour avoir les feuilles avant d'en avoir besoin.

Printemps : on monte les cadres neufs et on entre dans la saison avec les cires prêtes, sans course.

Sauter ce tour, c'est chercher des cires gaufrées en mai dans l'urgence. Et dans l'urgence, on achète mal.

Trois erreurs à éviter

1. Laisser les opercules des mois dans un seau fermé. Le miel résiduel fermente, la masse s'acidifie et attire teigne et nuisibles du local. À égoutter et laver tout de suite.

2. Tout fondre ensemble. Jeter opercules, raclures et cadres noirs dans le même récipient abaisse la qualité de tout le lot. Votre meilleure cire se déclasse toute seule.

3. Garder les cadres tant qu'ils tiennent. Un cadre ne se juge pas à son état apparent mais aux années qu'il a travaillé. Le renouvellement régulier coûte peu et évite beaucoup.

En résumé

La cire est le seul produit de la ruche que l'on peut rendre aux abeilles sous forme de travail déjà fait. Séparer les trois qualités, réformer un tiers des cadres chaque année, fondre à basse température en inox et eau douce, racler le dessous du pain et choisir une cirerie qui sait expliquer son traitement : cinq gestes simples qui valent une saison plus tranquille.

Le reste est affaire de patience. La cire n'est pas pressée, et traitée avec calme elle le rend bien.

Si vous réorganisez votre rucher et qu'il vous faut des colonies qui bâtissent vraiment, dites-nous où vous en êtes : les cires gaufrées ne sont bien bâties que par des colonies fortes et saines.

Apicoltura Laterza

Les cires gaufrées se bâtissent avec des colonies fortes

Un rucher qui renouvelle ses cadres chaque année a besoin de colonies populeuses et saines, pas de colonies qui survivent. Nous élevons des essaims et des reines sélectionnées dans nos propres ruchers et les livrons prêts à travailler. Dites-nous combien de colonies vous avez et ce que vous voulez renouveler : nous vous dirons par où commencer.

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