Comment s'Organise une Colonie d'Abeilles : Reine, Ouvrieres et Faux Bourdons

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Reine, ouvrières et faux bourdons : chaque caste a un rôle précis et tout part de la qualité de la reine. Voici comment s'organise une colonie d'abeilles.

Un seul organisme fait de milliers d'individus

Regarder pour la première fois à l'intérieur d'une ruche donne le vertige. Des milliers d'abeilles en mouvement, chacune occupée à quelque chose, et personne qui semble donner des ordres.

Pourtant l'ordre est bien là, et il est implacable. Une colonie d'abeilles n'est pas un ensemble d'insectes qui vivent côte à côte : c'est un organisme unique, ce que les scientifiques appellent un superorganisme. Une abeille seule ne survit pas à une nuit froide. Ensemble, ces mêmes abeilles règlent la température du nid mieux qu'un thermostat, se partagent les tâches et prennent des décisions collectives sans aucun chef pour les coordonner.

Comprendre comment les rôles se répartissent dans cette famille n'est pas qu'une curiosité. C'est le premier pas pour lire une ruche quand on l'ouvre, et pour remarquer à temps quand quelque chose ne va pas.

La reine : une mère, pas un chef

Contrairement à ce que suggère son nom, la reine ne commande rien.

Elle n'a qu'une seule fonction, mais elle est décisive : pondre. En pleine saison, elle pond jusqu'à mille cinq cents oeufs par jour, un poids en oeufs supérieur à celui de son propre corps. C'est la seule femelle féconde de la famille, et le renouvellement continu de toutes les abeilles dépend d'elle. Une colonie sans reine est une colonie dont les jours sont comptés.

La reine maintient la colonie unie d'une manière invisible : les phéromones. Ce sont des signaux chimiques qui passent d'abeille en abeille et annoncent à toute la famille que la mère est présente et en bonne santé. Quand ce message faiblit, parce que la reine vieillit ou est malade, les ouvrières s'en aperçoivent en quelques heures et commencent à en élever une nouvelle. La qualité de la reine, son âge et sa génétique sont ainsi le véritable moteur de la famille : d'elle dépendent la prolificité, le caractère et la résistance aux maladies de toutes les abeilles à venir.

Les ouvrières : la famille fait tout le reste

Elles sont l'immense majorité, des dizaines de milliers en été, et ce sont toutes des femelles stériles. Ce sont elles qui construisent, défendent, nettoient, nourrissent et récoltent. En pratique, elles sont la colonie.

Le plus fascinant, c'est qu'une ouvrière change de métier avec l'âge. Elle ne fait pas le même travail toute sa vie : elle en change à mesure que son corps mûrit.

  • Les premiers jours, elle est nettoyeuse et nourrice : elle nettoie les cellules et nourrit les larves de gelée royale produite par ses glandes.
  • Dans la phase centrale, elle devient cirière et magasinière : elle produit la cire, bâtit les rayons, reçoit le nectar des butineuses et le transforme en miel.
  • Les derniers jours, elle garde l'entrée puis devient butineuse, celle qui sort chercher nectar, pollen, eau et propolis.

Une ouvrière d'été vit environ cinq à six semaines, usée par le travail. Les ouvrières nées à la fin de l'été sont différentes : ce sont les abeilles d'hiver, longevives, qui ne s'épuisent pas à butiner et portent la famille jusqu'au printemps. La même espèce, deux vies complètement différentes selon le moment de la naissance.

Les faux bourdons : peu nombreux, saisonniers, indispensables

Les mâles de la famille sont les faux bourdons. On les reconnaît aussitôt : plus gros, plus trapus, avec d'énormes yeux et sans dard.

Ils ne récoltent pas, ne construisent pas, ne défendent pas. Leur unique tâche est de féconder les reines vierges pendant le vol nuptial, et c'est pour ce vol que leurs yeux sont si développés. La colonie les élève au printemps et en été, quand la reproduction doit être assurée, et les garde tant qu'il y a de l'abondance.

Puis, à l'automne, arrive un moment qui surprend toujours celui qui le voit pour la première fois : les ouvrières cessent de nourrir les faux bourdons et les chassent de la ruche. Des bouches en plus, inutiles en hiver. C'est un choix froid et rationnel, typique d'un organisme qui raisonne comme un tout et non comme une somme d'individus.

Pourquoi connaître les rôles aide l'apiculteur

Savoir lire cette organisation change la façon de se tenir devant une ruche.

Voir un couvain compact et régulier signifie que la reine pond bien. Trouver des cellules royales bâties quand on ne s'y attend pas est un signe d'essaimage ou d'une reine en difficulté. Remarquer trop de faux bourdons hors saison, ou un couvain en mosaïque, dit aussi quelque chose. Chaque caste, par sa présence ou son absence, est un indicateur de la santé de la colonie.

Et il y a un fil qui relie tout : la valeur d'une famille part toujours de la reine. Une reine jeune, féconde et de bonne génétique construit des ouvrières nombreuses et saines ; une reine épuisée entraîne toute la colonie vers le bas.

De la théorie au rucher

Voilà pourquoi celui qui veut des colonies fortes accorde tant d'attention à la reine.

Chez Apicoltura Laterza, nous élevons et sélectionnons des reines des races Buckfast, Ligustica et Carnica, choisies pour leur prolificité, leur douceur et leur résistance. Si vous vous demandez quelle reine convient le mieux à votre rucher, vous pouvez partir de notre guide du choix de la reine, ou nous écrire : nous vous aidons à choisir selon votre climat et vos objectifs.

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